Moving cross the borders of my Secret Life
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Moving out

Pour la suite il suffit d'aller

11.9.07 09:42


moving on

Bon alors moi quand je décide de me départir de mes désormais ancestrales habitudes de célibataire afin de préserver ce qui commence à prendre la forme d'un couple, je n'attends pas le surlendemain pour mettre mes résolutions en application.
Aussi, ce matin, ne me suis-je réveillée qu'à 6h30. Ayant déjà déserté mon poste pas plus tard que la semaine dernière sans justification ni appel préventif - j'ai tout de même mis cette matinée d'oisiveté supposée à profit, puisque j'ai fait le ménage dans tout l'appart pour recevoir mon amoureux qui n'y tenait plus de ne pas connaître mon univers - l'option "je fais l'autruche et je me rendors, après moi le déluge" n'en était pas une. D'option.
Restait seule celle d'aller bosser
sans prendre de douche. Bouh la crasseuse, je sais. Mais, pas le choix.
Alors les dents, le visage, les mains, la toilettes du chat, de l'anticerne - le monde pourrait menacer de s'écrouler et la Terre de tourner que je ne sortirais pas de ma maison sans avoir au préalable apposé ce precieux nectar sous mes yeux aguerris - un jean - celui qui fait que t'aimes trop mon boule de mec - un t-shirt - mon préféré, le bleu avec écrit Brooklyn 68 en jaune dessus, mon t-shirt ghetto quoi - ma bouteille d'eau sans laquelle je n'en serais pas là aujourd'hui, mon petit sac gris qui ne tient plus qu'à un fil et c'est parti pour le show.
Je ne suis même pas arrivée en retard.
Dans mon agitation j'ai quand même zappé la case "j'ai des veuch et ils ne vont pas se coiffer tout seuls".
J'ai bossé, bossé, bossé, failli m'endormir douze fois et chopé cinq ou six barres - l'information capitale de la journée : Sarkozy va fiancer sa belle-fille Jeanne-Marie à un Réunionnais étudiant à l'école des Mines qui fait la fierté de son papa et que Sarko himself appelle "mon gendre" - Une fois de plus, Jacques Martin, si tu nous regardes ....
Puis vint l'heure de la pause, et, une fois de plus, V. et moi nous sommes croisés. Si nous n'étions pas en proie à une totale impuissance niveau gestion de l'heure du break je jurerais même qu'il m'esquive à fond le garçon.
Il est où, le temps béni où nous nous retrouvions tous les jours ou presque, où je lui parlais sans arrière pensée, où nous nous mangions du regard des heures durant ?
Loin, loin derrière la porte du
Secret.
Car il sait. Pour nous.
Comme je pensais qu'il ne reviendrait plus bosser, j'ai fait des pieds et des mains pour avoir son mail et lui faire part du
secret. Bon ce ne fut pas bien compliqué, j'ai envoyé inspecteur Khadjet qui comme toujours sait mettre à profit ses techniques de sioux pour faire le bien autour d'elle.
Elle l'a ajouté à ses contacts, il est venu lui demander de se présenter, comme elle ne répondait pas il a fait le sioux lui aussi et a cramé qu'elle était une de mes amies, il lui a dit "j'attends de ses nouvelles" et "cimer".
Jusqu'ici, tout va bien.
Sauf que ne sachant pas celà, j'avais moi même envoyé un mail pour tout lui dire. Mail auquel il a répondu

*interlude*
Comme je n'ai pas l'intention de virer totalement niaise je vais arrêter d'appeler mon amoureux "mon amoureux". D'autant que nul ne peut prétendre que je suis dejà amoureuse. Keanu lui allait plutôt bien dans un premier temps, à cause de la ressemblance physique. Cody aussi aurait fait l'affaire, pour la gestuelle et le côté grand machin dégingandé du
limite demeuré de "Notre belle famille". Du coup, j'hésite. Benichou serait drôle. Benito, connoté. Benabar ridicule et Benladen par trop subversif. Pff. Compliqué, l'anonymat. Va pour Ben allez soyons ouf.
Donc, Ben vient de m'appeler.
Par contre c'est irrécupérable, ça y est, je suis niaise - et amoureuse - j'ai du lui dire au moins cinq fois en deux minutes de conversation qu'il était trop mignon.
Il est trop mignon. Il va peindre cet après-midi. Je lui demande un mini-service et il propose de m'en rendre un énorme. Et ce soir il sera avec moi dans mes draps enfin contents d'avoir le rose aux joues pour quelque chose.
*fin de l'interlude*

Oui donc dans son mail V. me dit qu'il n'y a aucun soucis pour se revoir. Et qu'il est en vacances pour quelques jours. Je n'avais pas osé le demander, mais vu que je m'adressais à lui en pensant qu'il ne reviendrait pas bosser, ça donnait un truc dans le genre en tous cas ça m'aura fait plaisir de te voir sous-entendu si on ne se revoit plus jamais jamais de la vie ce qui peut facilement se confondre avec ça m'aurait fait plaisir de te revoir sous-entendu si ça te fait plaisir aussi voyons-nous et faisons l'amour en crachant sur la jeunesse UMP. Il me dit aussi qu'il est en vacances quelques jours. Proposition masquée ? Information désintéressée ? Comment savoir ?
Lundi, mardi, on se voit au boulot, on ne s'adresse pas un mot, mercredi je lui parle sur msn et on a rien à se dire. J'essaie d'entretenir un temps soit peu la conversation mais je ne le sens pas des masses réceptif. Je coupe court.
Le soir je dévore son blog et tombe pour la douzième fois de l'année folle amoureuse d'un mec. Heureusement Ben arrive pour me sortir de mon aveuglement.
Ca devient vraiment compliqué ses histoires là
JE SAIS c'est ma vie qui est compliquée, pas moi.
Et aujourd'hui, je le croise dans l'escalier en remontant de ma pause nicotine, on se dit
salut mais ça s'arrête là.
A 11h je descends et je vois qu'il attend devant l'entrée.
J'hésite à faire demi-tour tant je sais que je vais me comporter comme une grosse quiche pas peignée. Mais je fonce sur lui. Presque littéralement.
Je déboule avec le big smile à la "je suis moche mais je m'en fous!" on se regarde, je bloque un peu genre
je dois lui faire la bise là ou pas ? et puis vu qu'il ne dit rien je me lance
- ça va ?
- ouais... J'ai pas terminé de bosser là, je fais des heures en plus...
- Ah ouais ? Mais tu m'avais pas dit que tu viendrais plus à partir de mi-aout ?
pourquoi pas "qu'est-ce que tu fous encore là toi ? T'étais pas censé avoir taillé la route depuis des lustres ?"
- J'arrête dans un mois...
- Ah ok, j'avais mal compris en fait.
Oui parce que tu penses bien que si j'étais un peu intelligente et que je captais ce que me disent les gens je ne me serais pas humiliée à te dévoiler mon secret sur internet alors que je te vois tous les jours. Bon là j'ai honte quoi. Je vais partir je te préviens.
- ... Il me regarde et comprend que je suis folle.
-
Bon bah bon courage alors!
- ...
- Bon courage! Oui comme il a pas répondu la première fois, je répète.
-
Ouais...
- Ciao.

Voilà. Super. Comment niquer la magie de retrouvailles improvisées. Soit il est séduit et super intimidé- bah voyons - soit il s'en bat les steacks et veut que j'oublie son existence. Toujours est-il qu'il y a un serieux malaise, et que je me l'impute totalement.
Le coup de la photo aurait quand même eu une autre gueule.
Mais nan, j'étais pressée et impatiente et j'ai fait de la merde avec Google et maintenant j'ai tout cassé la belle magie de l'histoire.
Il est vraiment attirant, même quand il a la tête en vrac.


Mais au moins, du reste en ce qui concerne ce matin, ai-je respecté ma promesse faite à la blogosphère d'arrêter de me faire belle pour un autre que Ben.

Bon sinon hier j'ai passé une très bonne journée avec ma Niçoise préférée - Oua te formalise pas pour moi t'es parisienne depuis longtemps - on s'est fait l'expo de Pierre et Gilles au Jeu de paume - tout ce que je peux vous dire c'est qu'ils en ont des énormes. Puis "La fille coupée en deux" avec son coloc d'une semaine. Magimel tout bonnement incroyable dedans. Puis un apéro chez Prune - le truc bien bobo sur le Canal des Don Quichotte - et une assiette de bons frometons bien de chez nous. Deux bouteilles de Chardonnay quand même. Un serveur sosie de Sinclair qui ne le connaissait pas, et un autre sosie du voleur de chorizo de l'Ile de la cité. Puis le bus, le dernier, heureusement que j'ai forcé Caro à être pire que vulgaire et à fumer en marchant - han! - sinon j'étais encore bonne pour me faire Gare de l'Est - chez moi à pieds. En robe. Moyennement envie, bizarrement. Je l'ai fait la semaine dernière, ça faisait partie de la onzième étape de mon marathon de Paris. C'était cool, mais j'étais en jean.
Dans le genre j'ai quand même préféré Champs-Elysées - Maison de la Radio. Parce qu'une fois mes sept tours de la place de l'Etoile terminés le trajet était plutôt agréable. Vive la bourgeoisie, vive la France.
Mais rien ne vaudra jamais Maison de la Radio - Châtelet en longeant la Seine. Je me souviens, j'étais sereine pour la première fois depuis longtemps, ce jour là. Je revenais de ma first night with Ben, et j'avais
enfin conclu. J'ai pris un plaisir immense à découvrir ce chemin-ci, et à retomber amoureuse de Paris.
Je dis
enfin car j'ai quand même pas mal douté.
Je me souviendrais toujours, moi assise sur son lit, toute mignonne avec mon bandeau dans les cheveux et mon bronzage marseillais. Lui, face à moi, qui me mitraille avec mon numérique, en disant des trucs genre "Wouw, trop belle" ou "Humm ça dechire truc de ouf!". Moi qui n'en puis plus, qui m'efforce d'avoir l'air naturelle tout en surjouant la glamour attitude à fond. Lui qui finit pas lacher "C'est incroyable comment ma toile rend bien avec ton appareil!".
Après je mate les photos, et je vois ma tête en tout petit, dans un coin, quand ce n'était pas juste un bout de front, et sa toile en énorme.

Et cette autre fois où, totalement désespérée qu'il n'ait toujours tenté aucun rapprochement, je m'allonge lascivement sur le lit dans une pause sans équivoque. J'étais très fatiguée et je commençais à somnoler. Et puis, j'ai senti qu'il bougeait. Qu'il allait enfin passer à l'action. Que les carottes étaient cuîtes et le jambon dans le torchon. Je sentais le poids de son corps creuser une vallée sur le matelas autour de mon corps à un quart nu. Et puis, plus rien.
J'ai à peine ouvert l'oeil, et je l'ai vu, en train de regarder un magazine de graff.
J'ai pris un taxi et je suis rentrée, la mort dans l'âme.

Et puis, cette encore autre fois, où je lui demande de me prendre en photo, et où il me dit, avec toute la fraicheur qui le caractérise, "Nan mais attends là, je veux prendre cette rue, parce que c'est quand même super intéressant, c'est une des plus belles rues du 16eme..." Bam, dans ta gueule. T'avais qu'à toi aussi être une des plus belles filles du 16eme. Sauf que c'était filmé et que sa fameuse phrase je la lui ressors à tout bout de champ maintenant. Que j'ai conclu.

Quand je lui ai demandé pourquoi il n'avait pas tenté quelque chose les deux premiers soirs que j'ai passé chez lui, il m'a juste dit "on en était à trois rendez-vous, je n'ai pas jugé nécessaire de précipiter les choses."

Donc, ce fameux week-end, où tout a commencé...
A peine avions-nous entr'ouvert la porte de l'intimité, qu'il décollait pour le Portugal, et pour quinze jours.
Avant de partir je lui ai dit de s'amuser, de profiter, qu'il ne devait pas se retenir s'il trouvait des petites belettes bien mignonnes et peu farouches.
Et puis je suis partie à Barcelone et je me suis amusée, j'ai profité. D'ailleurs, c'est quoi le masculin de belette ?
A ma décharge, la nuit avait été blanche, il était plutot canon de sa personne, très posé, et nous prenions un bain de 8h du matin, avec le soleil étincelant sur l'horizon marin. Ca va, c'etait juste quelques baisers. Un grand moment ceci dit. Une grande nuit que cette nuit-ci, l'une des plus belles de ma vie. Une grosse claque de bonheur. Mes amies, le lever du soleil, la mer, le sable, la nuit blanche, les rencontres, j'en ai pleuré tellement j'ai eu l'impression de vivre.

Bon je m'égare, je m'égare, tout ça pour dire tout ça.
Que je suis bien. Heureuse. Sereine. Epanouie.

Des petites choses qui me polluaient l'esprit se sont résolues d'elles-même.
J'ai mon année. Avec une note calamiteuse en danse contemporaine, mais un 17,5 en traduction.
Mon ordinateur est réparé, il suffisait qu'un mec de Surcouf le touche pour qu'il arrete de me faire la gueule.
Les travaux vont démarrer, depuis le temps que ça traine cette histoire. Il ne me reste plus qu'à acheter un canapé pour faire la teuf du siècle.
Par contre, je ne pourrai pas dormir chez moi pendant deux semaines. Je vais squatter à droite à gauche, là où on daignera m'accorder la couche, mais pas trop loin du taff, parce que là deja debout à 5h45 j'ai du mal, si je dois rogner encore sur mes minutes de sommeil je risque de quitter ce monde bien prématurément.
J'ai un mec donc, on aura saisi.
J'ai beaucoup minci, je suis presque à mon minimum pondéral. Je me sens vraiment bien dans mon corps, enfin. De nouveau. Pourvu que ça dure...

Je cherche des trucs qui me gavaient y a pas si longtemps...

Ah oui, ma meilleure amie et moi nous sommes un peu retrouvées. Voire même carrément, et j'ai intérêt à profiter d'elle avant qu'elle ne devienne star.
Mon appartement est enfin rangé. J'ai pu retomber amoureuse de lui aussi.

Dans les trucs qui merdent encore, il fait vraiment un temps de crevard, je reste à Nanterre l'an prochain et Sarkozy est toujours président, mais globalement, le bilan de la mi-aout est foutrement positif. Comme disait je ne sais plus qui « Je suis heureuse. L'être plus serait indécent. »
Edouard Baer je crois.




16.8.07 15:43


mon mec à moi

Je suis juste amorphe. Lessivée. Pourtant, j'ai dormi, de 4h à 11h. Un pur record, par les temps qui courent. Courent. Qui nous rendent serieux. De 4h à 11h dans les bras de mon amoureux. Comme une fois tous les deux ou trois jours depuis qu'il est revenu de Lisbonne, et moi de Barcelona.
Je crois qu'en fait, je vais finir par tomber amoureuse.
Et les perdre, ces fameux réflexes.
De me faire belle pour le merveilleux jeune homme du taff, tellement lié à moi par l'indéniable destin - il est bien celui que j'ai connu par les mots il y a dix, il est thésard, de gauche, journaliste et merveilleux donc - qu'il m'est impossible de ne pas trembler quand il me regarde.
D'entretenir ces jeux de seduction fertiles avec le groupe "just for fun" de mon MSN.
De mater tout ce qui bouge et de m'apprêter comme si l'homme de ma vie attendait au coin de la rue.
De vouloir rencontrer des gens, pour rencontrer des mecs.
De me plaindre d'être seule et mal-aimée.

J'aurais aimé pouvoir écrire au jour le jour l'évolution de la perception que je m'en fais. Garder une trace de cet improble mutation que mon appréciation lui a infligé, le faisant passer de "limite demeuré" à "amoureux".
J'aurais aimé vous faire partager ces moment où je ne voyais en lui rien d'autre qu'un grand et beau mec totalement perché, qui ne s'interesse qu'au tag et aux graffitis. Ce mec dont la lettre de motivation me fit pleurer de rire une heure et demi durant. Celui qui disait "la logène" et confondait "épique" et "hippique".
Mais je n'avais pas d'ordi, et nous voilà rendus ici.
A avoir du mal à passer une journée sans le voir, à craindre qu'il ne me laisse un jour, et à mater nos vidéos en boucle.

Ce mec qui me fait mourir de rire, continuellement. Avec qui je monte des numéros de lancer de cigarette ou de jonglage de coussins avec les pieds. Qui imite tout le monde, mais avec une seule et unique voix. Qui fait le mongole devant le vendeur d'hamburgers. Qui se lève le matin pour me ramener des beignets au chocolat et une boîte de capotes. Qui insiste à chaque fois pour me faire la vaisselle. Qui nettoie même la plaque électrique. Qui se barre en courant pour passer la serpillère quand je renverse ma flûte de mousseux. Qui me dit que j'ai de beaux cheveux, de belles dents et de belles jambes. Que je cuisine bien, que je danse bien, que je chante bien, que je dessine bien, que je suis la plus drôle au monde. Qui se lève en même temps que moi quand je vais taffer, pour peindre et aller chez le coiffeur - parce que la veille j'ai glissé innocemment et sans velléité de sous-entendu aucune que j'étais amoureuse des nuques rasées de près. Qui me couvre de baisers et connait dejà mon corps par coeur. Qui me body-paint. Qui n'a pas peur de rencontrer mes amies - Vendredi, si tout va bien. Qui me dit "si tu veux, on le fait!" dès que j'évoque quelque chose qui me tente. Qui me regarde dans les yeux quand on fait l'amour et m'offre des orgasmes synchronisés à répétition.  Qui meurt de rire devant "Arrested Development". Qui se plie au jeu du matraquage de photos. Qui s'en fout de ses sappes, de sa gueule et de ce qu'on pense de sa situation. Là-dessus j'ai tout à apprendre de lui. Qui est immense, avec un superbe sourire et des yeux d'eurasien.
Ce mec qui me donne l'impression d'être enfin en vacances.

16.8.07 01:55


Truc de ouf

Il m'arrive un truc de ouf.

DE OUF.

Mais vraiment. Pas un truc genre de dément léger, quelque chose qui relève du quasi surnaturel.
Incrédibeul.

Bon je vous ai parlé du mec super mignon que je croise au taff et avec qui je discute pendant ma pause cigarette de 9h - rien que de dire que ma pause clope a lieu à 9h ça me fait mal à mon sommeil. C'est vraiment devenu ma motivation à me sortir du lit, en général deux ou trois heures après m'y être glissée. Le réveil sonne, je me dis que non décidément cette fois-ci ça ne va pas être possible, mon enclume de corps ne parviendra pas à s'extirper de ma délaissée couche, le monde ne s'arrêtera pas de tourner si je prends une matinée sabbatique. Et puis, je me dis - je me parle beaucoup et je m'entends bien avec moi-même, merci - qu'on aura peut-être la pause en même temps, peut-être même qu'on ne sera que tous les deux, et comme il arrête le boulot bientôt je ne veux pas en perdre une miette. Alors je me lève et je retombe sur le matelas et je me relève et je me casse la gueule en trébuchant sur mon sac de voyage et je me cisaille la cuisse en passant près des étagères et je me rendors sous la douche et je manque de mourir et je me sèche m'habille essaie de me maquiller mais mes yeux me font trop mal alors je mets juste du blush je ne me coiffe pas parce que je suis en retard je cours dans ma rue jusqu'à l'arret du PC qui avec les putains d'horaires du mois d'aout m'annonce que le prochain wagon ne passera pas avant dix minutes donc je cours jusque porte de clignancourt durant une petite demi-heure totalement à jeûn et éclatée je ne vois même pas le bus passer j'arrive au taff une ou deux minutes en retard sans avoir le temps de remplir ma bouteille d'eau je lutte pour ne pas m'endormir et rester concentrée sur les exploits de supersarko et wonder cecilia et puis la pause clope arrive, je descends et je le vois. Il y a aussi peu de ponctuation et de respiration dans cette phrase que dans le petit rituel infernal qu'elle décrit.
Alors on discute, on fume, on remonte. Et je ne le vois pas en partant.
J'attends ces dix minutes comme des touaregs une oasis.

Et puis, ce matin, alors que je n'ai dormi que trois heures depuis vendredi matin parce que j'étais à Barcelone et que j'ai passé un week-end de malade, et que je suis en phase de sommeil paradoxal en regardant I-Télé, le manager aux kilos flottants surgit par-dessus mon épaule. Il veut nous parler, à moi et à Mademoiselle Figaro. Ma collègue du PC d'à côté, avec qui j'ai suivi la formation, et avec laquelle je n'ai jamais échangé le moindre mot. Elle lit le Figaro.
Bref. Il nous dit qu'il doit former 4 personnes et qu'on doit gentiment dégager pour leur faire de la place.
Je me dis "chouette cool top, moi qui voulais justement changer de poste pour arrêter de fixer le mur et accessoirement l'avoir dans mon champ de vision de façon plus nette qu'au travers l'écran le reflet de l'écran, en voilà une occasion qu'elle est géniale".
J'essaie de me poser juste en face de lui mais la souris ne fonctionne pas alors je me mets dans la rangée derrière.
Il n'est pas assis et doit deja être en pause.
Je vais aux toilettes remplir ma bouteille et faire mon petit pissou tranquillou sans faire chier personne, je le vois sur le banc mais comme je suis surprise qu'il ne soit pas descendu et que je suis totalement myope, je ne lui souris pas, et lui non plus.
Je ressors des chiottes et il n'est plus là.
Je vais me poser, il y a deux pc entre nous, et je ne vois que ses yeux.
Et là, festival de regards. Je te fixe, tu me regardes, je baisses les yeux, je te fixe, tu me regarde, je lève les yeux au ciel, je bois mon café, tu t'étires et me montre un peu plus que tes deux globes occulaires, on se regarde et j'ai le coeur qui s'emballe, et ce petit manège se poursuit deux heures durant.
Y a des moments, je veux bien admettre que je suis une grosse psychopathe qui se fait des films à outrance et s'invente des histoires d'amour dès qu'elle croise un mec qui lui plait.
Y en a d'autres, je peux affirmer qu'il se passe vraiment quelque chose.

Boulot terminé, on se croise dans la salle de pause, une fois de plus nos regards s'accrochent et on a le même reflexe de tourner la tête rapidement.
Je descends, je mets mon gilet devant la porte.
Il sort, me tourne le dos, attends un moment et me fait face.
On discute, le week-end, la fatigue, le temps de merde, on fume une clope, et je lui demande son prénom.
Gros choc.
Un prénom très rare.
Sans parvenir à identifier l'origine du trouble, je sais qu'il y a anguille sous roche.
Je lui donne le mien, et vois dans ses pupilles qui se retractent d'un bond qu'il est aussi troublé que moi.
Ca dure le temps d'un battement de cils mais c'est net et précis.

Là, il annonce à mon grand désespoir qu'il lui reste deux jours et que les pauses clopes et la motivation, les veaux les vaches et les cochons, tout ça se termine dans quarante huit petites heures. Deux jours. Pour lui demander son numéro. Je ne le ferai jamais.

Il file sous la pluie et je rentre chez moi.
Et là, révélation.

Je connais ce mec.

Enfin, je ne l'avais jamais vu avant. Mais je le connais.

Il est le V. avec qui j'ai correspondu quand j'avais quatorze ans.
J'avais passé une annonce dans le magazine XL pour trouver des correspondants - j'étais déjà une grande racolleuse à l'époque - et il y avait répondu.
On s'était écrit de longues lettres, deux par semaine en moyenne. Pendant un an. Il m'avait envoyé sa photo au bout d'un moment, et je l'avais trouvé très beau. Il était près d'un arbre avec un polo rayé noir et blanc. Et puis, j'avais envoyé la mienne, et je n'avais plus jamais eu de nouvelle.
Faut dire à l'époque je faisais 85 kilos et que sur le cliché j'étais adossée à un tronc, les mains sur les cuisses, avec un short en jean et un t-shirt difforme.

Je rentre chez moi et me mets à la recherche de la fameuse photo. Entre la dernière fois où je l'ai eu en mains et aujourd'hui, il s'est passé dix ans et deux déménagements. Je n'ai donc qu'une chance peau-de-chagrin de la retrouver.

Sauf que je la retrouve direct.
Cette fameuse photo de V. mon amoureux épistolaire de quand j'avais quatorze ans.
Aucune doute.
Ces yeux, ce sourire, ces sourcils, c'est bien lui, que je retrouve par le plus grand des hasards sur les lieux de mon job étudiant l'été de mes vingt-cinq ans.

Demain, j'irai vérifier son nom de famille sur le tableau des horaires, et si j'ai confirmation noir sur blanc de ma certitude, je fais un truc de ouf.
Je vais le voir et je lui tends la photo.

Nan mais sérieux. Truc de ouf.

6.8.07 13:47


minimum syndical

Un petit coucou tranquillou qui va faire chier personne.
Juste parce que j'ai des tomes de choses à dire mais que là je viens de me faire Odéon-Chez Bibi à pieds et que je me lève dans 5 heures tout rond. Donc faudra patienter pour mon week-end à la Ciotat, mes nouvelles péripéties dans les transports en commun, le retour du Turc et l'arrivée de Keanu. Ah oui ça devient croustillant là...Keanu...Un surnom qui fleure bon la nuque rasée et les yeux en amande...Et le week-end revigorant. Keanu qui veut dire "le petit vent qui souffle sur le colline" en langue de bridés. Laquelle, aucune idée. De toutes façons, les bridés, à part manger du riz et faire des paires de Nike à peine sortis du berceau, on s'en tape un peu. Quoi que. Ils prennent des photos aussi.
Ce soir j'ai bu un enorme Martini, un super mojito et deux ou trois verres de Bordeaux blanc sur les quais de Seine. Tranquillou. Je fais chier personne.
J'ai inauguré mes nouveaux horaires - démarrage en grandes pompes à 7h du mat' - oui je suis une rebelle en papier mâché bouffée de l'intérieur par le grand capital- lundi dernier et j'ai déjà manqué le top départ deux fois. Ce qui n'augure rien de bon quant à la suite des événements.
J'avais d'ailleurs ce jour repéré un brun pas trop mal, voire même plutôt carrément à mon goût. Ce qui me changeait des trois têtes que je croisais quotidiennement quand j'avais mes horaires bâtards. Et ce matin je descends pour ma pause nicotine, en priant pour qu'un toxico me passe du feu, et qui croise-je, comme de par hasard ? Le brun. Tout sourire, qui me prête sa flamme et me pose plein de questions super persos - genre toi tu viens de commencer, non? ou tu vas rester jusque quand ? ou encore et sinon, t'avales ? nan je blague biensur. (Une semaine d'absence et je commence à signaler quand je fais des blagues. La confiance n'est plus.) Tout pour dire qu'il est vraiment mignon, bon style, bonne vibes, je demande rien de plus pour me motiver à quitter mon matelas de Kosovar chaque matin à 5h45.
Et puis, surtout, je me casse ce week-end à Barcelone avec mon CreW, ça va être le massacre. Surtout le réveil lundi matin.
Bon allez je vous laisse pour vous revenir très vite, j'ai à nouveau le net, mon adresse IP avait juste voulu voir du pays. Elle me confirme, y a pas à dire, c'est à la maison qu'on se sent le mieux.

31.7.07 00:40


the office

Hier, c'était ma dernière journée à mes anciens horaires.
Comme chaque jour, j'ai descendu-remonté ma rue - j'habite à Montmartre - enfin presque hein...Porte de Clichy...Rue Lepic...Tout ça c'est dans un mouchoir de poche...- la peur au bide. Oui car quoi de plus énervant que de voir au loin passer le seul bus qui nous permet d'arriver à l'heure, tranquillement, sans même vous calculer, comme si votre vie n'en dépendait pas ?
Comme j'ai déjà grillé ma seule et unique cartouche -j'appelle pour prévenir que j'aurais douze secondes de retard - trois jours après mon arrivée, je ne m'autorise plus AUCUN retard. Je suis prête à ne plus jamais me repointer au taff juste pour éviter de me faire vertement semoncer.
Et hier, biensur, j'ai vu le bus passer au loin.
J'ai couru, biensur, tout en sachant que j'ai arrêté le 110m haie en 1988 et que vu ma situation géographique correlée à la vitesse de croisière du-dit bus, il n'y avait mathématiquement aucune chance que j'aie cette putain de boîte de sardine à roues.
Je cours donc. A en cracher mes amygdales. Un sprint de malade. Y a même des gens dans leur bagnole qui m'ont confondue avec Carl Lewis. Je cours je cours je cours, je manque de me faire renverser par un chauffard -en fait juste un mec dans son bon droit qui passait au feu vert qui était sur ma route et m'a fait perdre douze bonnes secondes -je sens mon pantalon glisser sur mes hanches et mes cheveux se mettre à l'horizontal, j'ai la gorge qui chauffe et le front humide, et au moment où je me suis presque vue dans le rétro du chauffeur, que je touchais limite du doigt son engin de malheur, ce connard accélère et me laisse en plan. Il m'a même semblé entendre un petit rire machiavélique sortir du pot d'échappement. J'ai hésité à m'accrocher au garde-boue arrière et à me laisser traîner par terre jusqu'à la porte de Clignancourt, mais je n'avais plus de force dans les bras. Empêcher un jean de vous afficher cul-nu, ça vous crève un biscoteau.
Je le regarde donc s'enfuir lâchement, au bord de l'apoplexie. Frustrée et angoissée. Ca y est je vais être à la bourre c'est la fin du monde.
Et alors que je continuais à marcher, m'interrogeant sur le bien fondé d'avoir ce boulot, finalement, que mon rythme cardiaque reprenait peu à peu son swing, et que j'étais entre deux arrêts, qu'est-ce que je vois crânement passer sur ma gauche, plus je viens te narguer looseuse des maréchaux tu meurs ?
Bus bis.
Deux PC qui passent à 1 minute d'intervalle, ça n'arrive pas.
Mais là j'avais un karma de malade donc c'est arrivé.
Et rebelote, Carl Lewis, jean qui tombe et amygdales qui brûlent. J'ai cru mourir.
Bus bis s'arrête, prend des passagers, je me rapproche à grosses foulées, et au moment où j'arrive à la hauteur de la porte du fond, bus bis me claque la porte au nez.
Dans un dernier assaut j'ai poussé jusqu'à la porte de devant, j'ai tambouriné, écrit ouvrez-moi avec mon sang, arracher mes yeux de leur orbite pour en faire des projectiles menaçants, et j'ai eu gain de cause.

Après j'ai mis deux heure trente à m'en remettre. En plus je n'avais pas ma bouteille d'eau. Mais je suis arrivée à l'heure.

Mon vrai manager est revenu de vacances. Je faisais mon taff tranquillou je faisais chier personne, quand je sens quelqu'un me carresser le cou. Là je vois un type debout derrière moi qui me touche avec sa feuille et me parle mais comme j'avais mon casque je n'entendais rien.
- Tu me reconnais ?
- ...
- ...
- Ah si ! Je t'avais pas reconnu avec le ... et là je fais le geste de la main genre "avec ta tête de métèque"
-
Le ... ?
- Le bronzage quoi.
- Non j'ai pas bronzé. Par contre j'ai grossi. Il regarde l'autre manager à quelques mètre de là. Ouais j'ai grossi grave. Machin m'a dit que j'avais grossi. Mais j'ai pas bronzé. Je prends des kilos, mais c'est des kilos flottants. Je les perds, je les gagne, ça va vite quoi.
- ... mais je me décide quand même à enlever mon casque, par politesse, vu qu'il semble indispensable que je le laisse me narrer par le menu ses soucis de métabolisme.
 

J'aurais mieux fait de pas écouter la suite d'ailleurs. Parce qu'en gros, mes supers horaires que manager bis, le gentil, le mignon, le pas bronzé qui fait toujours le même poids, m'avait promis, eh bien je ne les aurai pas.
J'ai le choix entre me lever chaque matin à 5h45 ou quitter le taff le soir à 21h. Et ne comptez surtout pas sur moi pour renoncer au Happy Hours.
Il a bien tenté de me soudoyer, mais j'ai résisté. Et je résisterai. Pas moyen que je me pointe avant 9h.
J'ai expliqué mon cas à manager bis, sur le mode les Thénardiers sont des gens très méchants, il m'a proposé de faire des heures supp'. Travailler plus pour gagner plus. On est en plein dedans ça y est. Sauf que ça ne résout pas mon soucis. Il a dit qu'il trouverait une solution.
Et c'est là où je vais évaluer la qualité de mon boulot.
Quinze jours pour se rendre indispensable ça fait short quand même.

Peu après, je vais faire mon petit pissou, et je tombe sur le manager avec ses kilos flottants. Je fais la queue pour le lave-main, je vois qu'il me regarde dans le miroir, je fais le petit sourire de circonstances quand tu te retrouves avec ton boss dans la sphère intime des urinoires, et là, il se retourne, et m'éclabousse avec les mains. Mais bien comme il faut. Genre ouais trop cool ambiance de malade on fait des blagues et tout. J'ai hésité à faire une boulette de PQ humide et à la lui coller dans la tronche.
Ca viendra.

Après à ma pause nicotine, une nana m'a parlée. Bon, pour se plaindre de la pluie evidemment. Mais ce qui porte à 9 le nombre de personnes avec qui j'ai échangé plus de trois mots. Y a pas à dire je suis la pro de l'intégration.


 

17.7.07 13:11


run baby run

Petite mise à jour pour vous tenir au courant quand même - je suis sûre qu'il y en a que ça intéresse, mon devenir sentimental.
Donc vendredi soir le CreW était de sorti dans la capitale.
Bien evidemment je ne me souviens de rien -ça commence à m'inquiéter sévère cette amnésie sporadique - et je reconstitue la soirée petit à petit, en menant mon enquête telle une Jessica Fletcher des Favelas.
De ce que mon disque dur a conservé, je me rappelle avoir dansé sur les tables avec Oua et en avoir été virée manu militari par un des videurs, je me souviens avoir bu à tous les rateliers -ceci expliquant surement cela, je me souviens du mec de HEC et de celui des Arts et métiers qui m'a demandé si j'étais la copine de la magnifique jeune fille brune qui discutait avec son pote - ouais mec, je la connais t'as vu trop la classe, je me souviens avoir vu mon verre se faire intégralement vider par une connasse qui a fui plus vite que le tonnerre de zeus et avoir lutté pour que le barman me le remplace aux frais de la princesse, et avoir pris un taxi et entendu Oua sangloter dedans.
Voilà.
De ce que j'ai appris, j'ai fait ami-amie avec un Turc.
Je me suis fait voler mon verre par un des videurs de la boîte.
HEC a voulu racketer des places de ciné à Caro - la magnifique jeune fille brune.
En quittant la boite je suis revenue pour faire un petit pissou et je me suis embrouillée avec un autre videur - oui les videurs de la Favela et moi c'est un peu comme une grande famille.
Pendant que je m'embrouillais avec le videur, le Turc m'attendait docilement adossé à une voiture. J'ai rejoint mes amies qui patientaient gentiment et qui n'en pouvaient plus et voulaient rentrer et j'ai hurlé "ATTENDS JE FAISAIS MON PETIT PISSOU TRANQUILLOU, JE FAISAIS CHIER PERSONNE, ET L'AUTRE IL VIENT ME PRENDRE LA TETE!"
Après, petit soucis de chronologie, toujours est-il qu'on s'est retrouvées à fumer un bédot avec deux mecs.
Dont l'un que j'arrêtais pas de traiter d'arrogant.
Le Turc attendait toujours à côté. Telle une Pénélope tissant sa toile en guettant le retour d'Ulysse.
A un moment on ne sait pas comment mais j'ai fait ami-amie avec l'arrogant.
Le Turc a alors prononcé cette phrase fabuleuse, de part les multiples couches de drôlitude qu'elle comprend, "Si elle m'aime vraiment, elle reviendra vers moi."
Mais oui je te connais depuis deux heures mais l'amour entre nous est plus fort que tout. Plus fort que le temps, plus fort que la vie. Plus fort que la mort même j'suis sûre tellement c'est évident qu'on est des âmes soeurs - et que si tu peux m'avoir des khebab à l'oeil j'accepte ta demande d'épousailles sans sourciller.
Suite à quoi malgré mes lamentations tout ce petit monde a décidé de plier bagage et de go back chez sa mère.
Nous avons pris un taxi.
J'ai toujours aimé les chauffeurs de taxi.
Le mec nous raconte qu'il essaie d'arrêter de fumer et moi je lui réponds "AH OUI ET VOUS TROUVEZ CA NORMAL QU'ON SUPPRIME L'ISF ?!!"
Et la vraie version de l'histoire c'est que Oua ne sanglotait pas mais avait une crise d'allergie, et que moi j'ai pleuré en revanche, mais pas pour n'importe quoi.
J'ai pleuré pour les petits Africains qui meurent de faim en Afrique.
Un coeur sur pattes, je suis.

Voilà.
Bilan de la soirée, j'ai encore consolidé mon amitié avec la team de la Favela, et j'ai le numéro d'un mec avec lequel je suis sortie mais dont j'ignore tout ou presque.
D'après ce qu'on m'a dit il était charmant, grand, brun, cheveux courts, acheteur dans la pharmacie (ce qui ne veut rien dire j'en conviens, tout un chacun ayant au moins une fois était acheteur dans la pharmacie mais je ne maitrise pas le jargon moi merci) et arrogant donc.
J'ai appelé hier soir dans la nuit, pour tomber sur son répondeur, il a une voix sympa et un family name à consonnance polonaise.

C'est tout.

Pour le moment.

Edit/ (c'est la première fois que je fais un edit/ et je ne suis même pas certaine que le slash se pose là mais laissez moi être émue péperement à base de péperades) j'ai corrigé certaines fautes de ce post, qui en comprend de nombreuses. Sauras-tu les débusquer ?
Et sinon l'arrogant était vraiment arrogant.
Il m'a envoyé me faire voir chez les Turcs façon-façon.
Ca n'est pas bon pour mon égo, mais je le mets quand même, pour en rire, plutard.
C'est tellement bon de rire, parfois.

- allo ?
- allo, Alex ?
- ouais, c'est qui ? enjoué
- c'est T**** ouais ouais anonymat mon gars!
- ...   visiblement aussi amnésique que moi
-
T****! T**** de la Favela ! T**** de las favelas ! essaie de le séduire par sa répartie hors du commun
- ouais. beaucoup moins enjoué déjà
- ... comprend qu'elle fait un gros bide et perd tout sens de la répartie
- ...
- ... commence à trouver le temps long
- ... ne fait aucun effort pour la sortir de son embarras
- ... a envie de mourir
-
Et... Tu veux quoi ? fait des confettis de son amour-propre
-
Bah rien. Salut. se demande si c'est à ça que ressemble l'Enfer
-
Salut. 

Voilà. La classe européenne. Le staïle. La win attitude poussée à son paroxysme. Maintenant j'ai envie d'en rire et de l'appeler pour lui dire qu'il a un poireau dans le nez mais sur le coup je faisais moins ma fière.
Je crois que le concept de prendre les devants et de ne plus rester seulement spectatrice de ma life n'est en fait pas du tout concluant, en ce qui me concerne.
Je suis juste en train de devenir folle et schizophrène à temps partiel parce que mon coeur crève la dalle et que ça me rongerait presque autant que les petits Africains.
Et comme on dit, une casserolle que tu surveilles ne boue jamais.

Mais je passe l'été à Paris. Pour la deuxième année consécutive. Sans même la perspective de me barrer quelques jours au soleil qui m'aiderait à positiver. Cela n'aurait rien de tragique si Paris n'était pas si belle en juillet. Même pleine de gris. Si il n'y avait pas ces quais, cette Seine, ces parcs et ces kilomètres de trottoirs. S'il n'y avait pas ces festivals de cinéma auxquels je rêverais d'aller, s'il n'y avait pas ces centaines de concerts hebdomadaires, tous ces restau que je ne connais pas, cela n'aurait rien de tragique.
Mais là je me sens seule, j'ai des amies géniales et inouïes que je ne mérite sûrement pas, et comme une bouse je me sens seule. A Paris.
Voir tous ces garçons charmants par centaines de milliers chaque jour et chaque nuit et te dire que sur le lot il n'y en a pas un qui veuille vraiment de toi, ou au moins te laisser une toute minuscule chance de rien du tout, et que les seuls contacts physiques que tu as tu n'en profites même pas parce que tu es l'autre -  celle qui pour le coup maîtrise parfaitement le concept de prendre les devants et ne se refuse vraiment rien, mais qui est toujours cuîte à point - à un moment, à tes propres yeux, ça devient tragique.
Tu as envie de pleurer mais tu ne sais même pas sur qui. Tu as envie de crier mais tu ne sais même pas quoi. Tu as envie de t'arracher le coeur mais tu n'as personne à qui le donner. Tu as envie d'appeler quelqu'un, pour qu'il vienne juste se coller à toi avant de t'endormir, et t'entourer de ses bras. Mais tu n'as pas de plan cul. Tu as envie de recevoir un texto, même d'un mec dont tu te contrefous, juste histoire de rétablir un peu la balance des échecs. Mais ton téléphone ne vibre pas. Tu as alors envie de marcher marcher marcher, il n'y a guère plus que ça qui te calme. Ca te rappelle que tu traverses le désert. Ca remet les idées en place. Alors tu marches et tu fumes et tu n'oses même pas mettre ton ipod. Tu n'as même pas envie d'arriver chez toi. Tu pourrais marcher pendant des heures dans ce Paris que tu aimes tant et dont tu ne profiteras jamais comme tu le souhaites. Tu pourrais marcher pendant des heures parce que ces heures là ne compteraient pas.
Mais tu arrives chez toi.
Tu avais de la visite cette semaine alors ton salon est à peu près en ordre. Par contre ta chambre est un carnage. De toutes façons tu n'as pas envie de ce grand lit tout vide et tout rose qui pue la guimauve et la frustration.
Tu te rends compte que tu mets du rose partout pour te persuader de nager dans le bonheur alors que tu n'as même jamais réellement fait l'amour entre ces murs.
Tu en viens à te demander si tu as réellement fait l'amour quelque part.
Tu sais que oui mais tu n'oses pas te dire que c'était il y a six ans.
Qu'entre temps tu n'as fait que te chercher et te remettre en question pour être celle dont on tombera amoureux. Enchaîner les histoires plus ou moins bancales et éprouvantes que tu dénigres une à une.

Tu fais remonter l'ascenseur et tu réalises que tu en viens à t'infliger ces pensées juste pour un arrogant dont tu ne connais même pas le visage.
Parce que c'est un peu le drame de ta vie.
Le rejet.
Et qu'on a beau avoir grandis dedans on en a toujours autant peur et ça fait toujours aussi mal.
Alors tu vas te rouler ton joint, te plonger dans cette sérénité artificielle devenue ta meilleure amie, demain il fera jour, il fera moche, tu te lèveras sans but et te coucheras encore défoncée puisque tu as peur de toi. 
Parce que ça, c'est toi.
Tous ces mots, là. Cette angoisse insurmontable. Ce manque de l'amour d'un homme. Tu sais pourquoi tu es comme ça et tu as beau l'avoir presque toujours sû tu n'en vois pas la fin de ce cauchemar affectif.

Et là biensur tu pleures.
Tu as trouvé sur qui pleurer.

 

Edit\o/ (c'est bon le slash là ?) Je viens de me rendre compte que j'avais ramené dans mon baluchon le reste de la bûche de chèvre du pique-nique de cet après-midi.
Ca va tout de suite beaucoup mieux, d'un coup.
Vive le chèvre.
Et le pâté de volaille.
Aussi dans mon baluchon.
Oui ils ont mariné huit heures dans mon sac mais je les ai ramené je m'en fous, le ciel peut me tomber sur la tête, j'ai du chèvre et du pâté.
Bête de petit déjeuner en perspective. Oui parce que je suis toujours supposée faire attention donc les gros repas je les prends le matin.
Chèvre et pâté sur pain azyme ça déchire sa race.
J'ai déjà hâte d'être à demain dis donc.
Tout ça pour rassurer la populace et lui dire que ça va. 

 

15.7.07 14:53


Il ne peut pas être déjà 13:33 ? Je suis sortie de chez moi il y avait encore K2DA! Nan elle avance, l'horloge du cybercafé.

Oui, je sais. La loose totale. Je suis dans un cybercafé. Mon pc portable ne s'allume plus je suis désespérée. Putain d'addiction. Hier j'ai été à l'aube (12:08) à Surcouf et alors que je me félicitais de n'avoir presque pas eu à faire la queue, le mec du SAV me toise et me demande si j'ai ma facture. Bien sûr je suis une fille organisée, je la laisse toujours dans la petite poche avant de ma houssàpécé. Il me dit "ok maintenant prenez là, non, la facture, pas la garantie, voilà, retournez là, oui, c'est ça, et lisez ce qu'il y a écrit dans le petit encadré au bas de la feuille!"
Et je peux vous jurer qu'il a eu comme un rictus de jubilation
Et dans le petit encadré au bas de la feuille, on me disait en fait que mon fabricant m'offrait gracieusement l'aide à domicile. Que je n'avais pas à me déplacer.
Super. Donc j'appelle Asus (je laisse au lecteur de choix du jeu de mot) et je m'entends dire que je vais recevoir un mail auquel il faudra que je réponde pour lancer la procédure visant à examiner ma candidature pour prétendre bénéficier d'une quelconque aide. Chouette. Sauf que biensur, sans pc, c'est un peu tendu de consulter ses mails.
Hier j'étais chez ma tante et  je n'avais pas le nom du modèle. Aujourd'hui je suis dans un cyber et je n'ai pas le numéro de série.
Je mise sur jeudi prochain pour réussir à envoyer ce feckin formulaire.

Sinon, hier en sortant du SAV, comme j'avais une bonne heure devant moi avant d'aller bosser, je suis passée aux Galeries.
Après m'être gentiment faite jeter d'une cabine Comme des garçons parce que j'essayais des vêtements pas de chez eux, j'ai été victime d'une agression.
J'étais tranquillou dans ma cabine, en toute légitimité cette fois, en talons et sous-vêtements - j'essayais une robe, je ne garde pas systématiquement mes talons quand je me déshabille pour avoir l'impression d'avoir les cuisses plus fines. N'importe quoi. - quand je vois une tête apparaitre au milieu du rideau - oui car aux Galeries, les rideaux, c'est plein de petits pans de rideau accollés les uns aux autres, de telle sorte que vous puissiez voir des têtes apparaitre en plein milieu alors que vous êtes en soutif-string même pas assortis.
Et là, le mec, tranquille, me dit "Alors chérie tu as terminé?"
Biensur j'ai hurlé à la mort, et lui de me répondre "Oh, désolé!" en me jaugeant bien de bas en haut ce gros pervers d'enfoiré de ses dents.
Nan mais GENRE quoi. GENRE même si tu penses que c'est ta nana tu rentres pas comme ça direct, sans demander avant confirmation à l'oral. C'est un minimum quoi. En plus le type n'avait pas du tout l'air surpris et encore moins désolé. Je suis sure que c'est un professionnel du voyeurisme en grands magasins. Hope he liked what he saw.

Ah oui il est tout juste midi, je me disais aussi que quelque chose clochait dans mon fuseau horaire interne. D'ailleurs, ils ont fermé les deux cybercafés qu'il y avait dans ma rue et que je squattais comme une acharnée avant d'avoir cette grosse merde de Noos. A croire que j'étais leur unique cliente.

Sinon ma tante m'a offert mon cadeau d'anniversaire. L'idée à la base c'était de m'acheter des chaussures à la sex and the city. Ca fait depuis des années qu'elle rêve de m'acheter des chaussures à la sex and the city. Je n'ai toujours pas réussi à cerner avec précision ce qu'elle entendait par là, en tous cas rien de ce que nous avons vu hier soir. Dingue quand même. Au milieu de toutes ces marques de haute couture, pas moyen de mettre la main sur une paire de pompes un temps soit peu jolies.
Du coup, j'ai réalisé deux rêves en un
J'avais toujours voulu un beau jean blanc.
J'avais toujours voulu un Diesel.
J'ai donc pris un beau jean blanc Diesel.
Hier je galérais un peu pour le fermer, mais ce matin j'y suis rentrée comme dans du beurre.
J'ai envie de dire YouYouYouYouYouYouYouYou.

Ca sert d'aller à la Bastide Blanche, lieu über-branché du 17ème à en croire le NouvelObs, et de commander le crabe. Vous avez un mini-pâté de 5 centimètres de diamètre à manger, mais vous pouvez éventuellement étoffer votre repas de quelques croutons de pain.
Non sans rire la Bastide Blanche c'est très beau, la serveuse brune est charmante à souhait, mais au niveau de la bouffe, ils se la pètent un peu grand restaurant niveau quantité, casino cafétariat niveau qualité. Et les gens sont tous trop bien coiffés. Je vois pas l'interêt.

Bon je vous laisse le chrono tourne et Jack Bauer m'attend dehors.
Si vous laissez pas plein de com pour vous plaindre que je vous manque je ne reposterai plus.

6.7.07 12:06


les paradis perdus

Pas trop envie d'aller travailler. Pas envie de faire grand chose en fait.
C'était bien, ce week-end. Je serais bien restée quelques nuitées en plus.
Samedi matin je me suis levée à l'aube pour prendre mon train, j'avais dormi trois heures tout au plus, et pas eu le temps d'avaler quoi que ce soit.
J'ai passé les trois heures de l'aller plongée dans ma BD, dans une somnolence intermittente quasi-hypnotique.
Ma tante et mon Couz sont venus me chercher à La Rochelle, et à peine l'insularité s'emparait-elle de moi qu'on me posait le nez dans guidon pour 20 kilomètres de piste cyclable.
Autant dire que j'avais l'impression de planer sur ma gazelle.

Au Café du Commerce j'ai résisté à l'appel de l'hamburger pourtant on ne peut plus aguicheur et mangé la meilleure salade de chèvre chaud qu'il m'ait été donnée de goûter depuis des lustres.
Les trois tranches de pains de campagnes étaient craquantes à l'extérieur mais moelleuses à l'intérieur.
Le crottin de chavignol, délicieux et coulant tout en restant ferme.
La laitue fraîche et point trop assaisonnée.
Les tomates belles et à parfaite maturation.
Chose plus rare, il y avait du magret de canard. Divin.
Des oeufs mimosas aussi, et des pommes au beurre.
Un pur régal.
Ce paragraphe vous a été offert par l'office du tourisme de Poitou-Charentes

Il a fait beau samedi alors j'ai attrapé quelques couleurs au vol. Les joues légèrement rosies, et la trace de mon col en V.
Puis j'ai pu admiré mon Couz sur sa planche à voile.
Et la somnolence intermittente est revenue manifester alors que j'étais sur une natte en paille et que j'écoutais Leonard Cohen.
Des puces des mers dansaient le break-dance sur le sable, et les dunes avaient une géométrie variable.
En rentrant mon Couz et moi avons improvisé un squash contre les murs de la maison. Aucune victime n'a été à déplorer.
Puis mon Bro a inventé le volley à 3 avec des chaises à la place du filet. Comme nous étions très en forme, nous n'avons pas porté le nombre d'échanges à plus de quatre.
Mon Couz et moi avions mis au point un cri de guerre assorti d'une mini-choré façon YMCA. On criait "Funny Beegees Going To Win!" en faisant prendre à nos bras la formes des premières lettres. C'était ridicule et ça n'a pas tardé à rendre mon frère malade. On a bien ri.
Le soir on a fait une partie de Tabou digne de ce nom. C'est à dire, avec les vraies règles, même sur la fin quand tu dois dire 3 mots par sablier pour passer à la case supérieure.
Du coup on y est resté jusque 3h du mat.
Et les Funny Beegees Going to Win l'ont emporté. Sur le fil du rasoir.
Pourquoi Funny Beegees ? Se demande la foule à bout de nerf.
Tout simplement parce qu'on est drôles, et que BG les initiales de beaux gosses si tu prononces à l'english ça te fait bidgiz.
C'est dire comme on est drôles.
Et Going to Win, because it's my team. And my team always wins
En tous cas, là encore, on a bien ri. Je n'avais pas vu la copine de mon frère se fendre autant la poire depuis un bail.
 

Ensuite tout le monde est allé se coucher, j'ai bouquiné pour trouver le sommeil, et me suis réveillée comme un diable surgit de sa boîte sur les coups de six heures du matin. Et impossible de me rendormir.
Ca fait un petit moment que j'ai vraiment du mal à éteindre mon cerveau pour passer une vraie bonne nuit complète.

J'ai perdu du poids, je me sens bien mieux dans mes vêtements, mes abdos commencent à se dessiner sous l'épais magma graisseux, j'ai tout le temps faim mais j'arrive à résister, et puis je reviens du boulot à pieds et je fais du vélo à jeûn. Que je ne m'entende plus dire que je n'ai aucune volonté.
 

Sur le marché j'ai acheté des caramels au beurre salé pour ma meilleure amie, et un  Chabichou AOC pour Khadi et Gg en l'honneur de la femme fatale. 

Dimanche il n'a pas fait beau et j'ai repris mon train.
J'ai terminé le tome 1 de la BD et j'ai pleuré comme une malade. Au moment où les deux souris quittent leur planque polonaise pour aller trouver un peu de liberté en Hongrie, à l'époque où c'était encore possible. Ils font confiance aux passeurs et se retrouvent dans un train les menant droit jusqu'Auschwitz.
J'étais très fatiguée et avec le coeur que je trimballe en bandouillère en ce moment une émotion écrasante m'a mise K.O.
J'ai pensé à ma Babouchka, qui avait vingt ans quand elle a été mise dans un de ces trains. J'ai toujours su qu'elle avait été déportée, et qu'elle avait connu mon grand-père là-bas, en Allemagne, qu'ils s'étaient enfuis et qu'ils avaient survécu parce qu'ils étaient tombés amoureux. J'ai toujours trouvé cette histoire, qui est quelque part un peu la mienne aussi, extraordinaire. Mais je n'ai jamais cherché à connaitre la vérité, ce qu'il s'est vraiment passé, comment on survit quand on dort mange travaille et vit dans un camp de détention, comment ça pue dans le train et comment ça gratte de ne pas se laver, elle ne m'a jamais décrit ce qu'elle a ressenti quand elle, Russe communiste, a vu mon grand-père, Français du STO, pour la première fois. A quoi ils ont sû qu'ils étaient des âmes soeurs, et comment ils ont organisé leur fuite. Je veux qu'elle me parle de cet amour-là, qui rend invincible.
J'ai repensé à ce que m'avait dit Chandler. Et il a tellement raison. Le livre que ma mère n'a jamais écrit, je l'écrirai, moi. Tant qu'elle est là, et que sa mémoire peut encore traduire le souvenir.
Je demanderai à ce qu'on me prête un caméra, je ne veux pas juste sa voix, je veux aussi le bleu de ces yeux.
J'irai la voir dans le Pas-de-Calais.
Je le ressens comme une obligation.

Et voilà, des larmes, en veux-tu en voilà. Je ne fais que ça. Je pleure pour un rien depuis quelques jours. Pas de tristesse heureusement. Je suis juste bouleversée.

2.7.07 12:28


Usée

Rech. proj. pour proj. priv s'adr. à l'hot. Mart. et plus si affinités.

Celui qui trouve sans google d'où est tiré cette petite annonce obtient d'emblée le droit de me demander en épousailles.

Finalement, je n'en veux plus de ma machine à scénario. Elle me gonfle total. J'ai envie de la prendre, de l'insulter et de la jeter rageusement par dessus la balustrade. Mais je risquerais de me faire très mal à la tête.
Donc je fais avec.
Cette incertitude, qui aurait plutôt tendance à faire pencher la balance du côté du négatif, à mesure que passent les jours sans qu'il ne me donne signe d'interêt significatif.
C'est pas parce que tu as envie de pleurer tellement tu penses avoir rencontré le mec et que ça vous chamboule une femme de croire un truc pareil, pour peu qu'elle soit un peu romantique et même carrément fleur bleue, que la réciproque est là.

Pourtant, j'aurais parié que...

Enfin.
Je prends un peu le large pour calmer mes ardeurs, je rejoins ma famille à l'Ile de Ré pour un court week-end, d'ailleurs je dois partir dans vingt minutes et je ne suis toujours pas douchée.
Dans mon baluchon, j'ai la BD qu'il m'a conseillée et qui me passionne déjà, une petite souris juive poursuivie par des chats nazis.
J'aurais les pieds dans l'eau, pendant qu'il sera probablement en train de tomber amoureux d'une merveilleuse créature au mariage de son pote. Ils essaieront de s'envoyer des dragées dans la bouche sur du Guy Marchand, ils danseront en buvant du champagne, c'est elle qui attrapera le bouquet et sa main par la même occasion, et ils termineront au petit matin ivres de bulles et d'amour assis sur les marches à hurler "bonne bourre" aux jeunes mariés et à faire des tricots avec leurs doigts.
Et il la demandera en épousailles.

Parce que qu'est-ce qu'elle en a à faire, la merveilleuse créature, d'une pauvre rêveuse qui a toujours trop fait chauffer la machine à scénario. Qu'est-ce qu'il en a à faire l'homme aux yeux revolver de m'avoir tout chamboulé à l'intérieur. Il a une femme à trouver lui. D'autres chats à fouetter.

Au moins tirerais-je de cette histoire le réconfortant constat qu'un homme beau,très beau, très très beau, intelligent,tellement drôle et touchant, doux, cultivé et célibataire, un homme avec qui je me serais bien vue passer le restant de mes nuits - oui, je vais très très loin - ça existe.
Ca a un coeur qui bat en ce moment même.
Si vous êtes chrétiens, c'est le moment de prier pour qu'il batte au moins un peu pour moi.

30.6.07 07:53


J'ai le droit à ma liberté d'expression capillaire

 

J'ai vu Chandler. Et que c'était très très très très bien. Le genre de rendez-vous dont vous repartez le sourire aux lèvres, qui vous fait passer une superbe nuit pleine d'étoiles bien que quasi-blanche, et qui prend de la valeur à mesure que les minutes qui vous sépare du dernier regard échangé s'accumulent.
Déjà je ne suis pas passée par la phase qu'est-ce que je fous là que je pensais pourtant inéluctable. Je suis arrivée peu avant lui et j'ai attendu sous la pluie, même pas pleine de colère envers moi même d'avoir mis un pantalon blanc. Tout neuf. Qui faisait serpillère sur les trottoirs boueux.
Le premier regard m'a désarçonnée, je ne m'attendais pas à des yeux aussi verts. A tel point que j'ai du m'y reprendre à douze fois pour éteindre mon i-poud.
Et là, suis-je vraiment tenue d'avouer que j'écoutais Viva Forever des Spice Girls quand je l'ai aperçu, et qu'étant ado j'étais amoureuse de Geri, et que du coup je m'étais mis de l'eau oxygénée sur la mèche de devant pour être au plus près de mon idole ?
Non.

 

Donc j'écoutais un son trip dumble hop bass sound system electro punk atomique. Un truc underground quoi. Cherche pas, tu connais pas.
Comme je me la pétais pas mal genre je sors tout le temps à Bastille, il s'est enquis de savoir où je voulais l'emmener. Ce à quoi j'ai répondu qu'à part le Truc, que Khadi m'avait vivement déconseillée de fréquenter pour un rendez-vous galant, et le restau Thaï où Etienne m'avait craché sa fumée de roulée dégueulasse à la gueule pendant que j'expérimentais les cuisses de grenouille, je ne connaissais fichtrement rien à ce putain de quartier.
Bien entendu j'ai formulé ça plus glamoureusement.
Il m'a alors demandé si j'aimais le vin. Et m'a fait découvrir un petit bar rouge très sympa tenu par un grisonnant barbu en short et tongues toutes l'année*. J'ai pris pour démarrer un verre de chablis d'Afrique du Sud. Pour ne pas faire mentir ma réputation je n'ai pas mis plus de trente seconde à m'en renverser une bonne partie dessus. Et je n'étais même pas en colère contre moi même d'avoir mis un pantalon blanc. Tout neuf. Qui faisait terre d'asile pour vin en perdition.

Il faut dire que la particularité de cet endroit, outre le folklorique barman, le bouledogue façon Raymond Burr qui garde l'entrée et la variété de vin assez impressionnante, c'est la lumière. Tamisée serait un doux euphémisme. Et ses tas de petites marches vicieuses qui se cachent un peu partout. Je défie quiconque venant pour la première fois de traverser la salle un verre à la main  sans trébucher au moins douze fois. C'est qu'en plus, Shortman blague pas avec la quantité, et quand il te remplit ton verre, c'est à la limite de la piscine à débordement.
Je me suis naturellement installée face à la fenêtre, pour bénéficier harmonieusement de la lumière du jour. Je l'ai quasi-regretté quand j'ai songé à la nuance que ses yeux auraient eu s'il avait occupé ma place. Turquoise-océan-transparent, un truc comme ça sans doute.
Je m'en suis félicitée quand j'ai songé que ce devait être peu ou prou la nuance des miens dont il profitait allègrement. Oui, je me la pète parce que j'ai les yeux verts.

Et puis on a discuté. De tout et de rien. Il est moins bavard que ce que je pensais. Moins cynique, prétentieux et vanneur aussi. En fait je me rends compte que je l'avais imaginé avec le même caractère que Félicien. Alors que rien à voir.
Lui semble doux, gentil, honnête, équilibré, il s'intéresse à ce que tu lui dis et te pose des questions. Il n'est pas dans un monologue incessant ou tu n'es bonne qu'à applaudir et dire merci de tant de drôlerie. 

Moi en revanche j'ai beaucoup parlé, je me sentais bien, je n'ai presque pas fumé d'ailleurs. On a repris deux fois du vin. Et une petite assiette avec de la charcuterie et du fromage. Il se faisait des maxi-mini-sandwich à étages multiples avec des tranches de pain larges comme des timbres poste. C'était trop mignon.
D'ailleurs je tiens à m'inscrire en faux contre cette idée répandue que le Grison est un animal, dont la viande fait la joie des raclettes party en montagne - et des rendez-vous galants. Tout faux cher camarade. Le Grison est invariablement au pluriel, et c'est un canton des Alpes suisses. Je m'y connais tellement en viande des Grisons que j'ai identifié la bête à la première bouchée. Je suis assez impressionnante comme fille, j'avoue.

Pour la petite fiche technique Chandler a 29 ans, ne peut plus se murger sévère est aller bosser le lendemain parce qu'il est vieux, travaille dans la musique sur internet, voyage beaucoup pour le boulot, est le récent propriétaire d'un studio de 63m² (il dit studio parce qu'il n'y a qu'une fenêtre mais moi j'appelle ça un loft) dans le 19ème, a vécu aux Etats-Unis, déteste les gens qui tuent les souris même celles qui squattent sans payer de loyer, est un ancien fan de Dawson amoureux de Monica, a deux soeurs plus jeunes dont l'une l'a fait doublement tonton, est grand, châtain clair avec un petit bouc (au menton, je précise hein il se ballade pas avec un chevreuil en laisse) et des wonderful yeux piscine d'eau de mer. 
Et puis, plus la nuit tombait, plus son visage en contre-jour devenait une ombre, d'où j'arrivais toutefois à distinguer quelques reliefs, comme ce petit creux sur la joue quand il souriait.
Je suis amoureuse des hommes à fossettes.
 

Les quatre heures sont passées au galop, et minuit a sonné l'heure du départ. Dans le métro j'ai cru un moment qu'il allait m'embrasser, mais en fait non. Même si j'en mourrais d'envie depuis le début de la soirée, je vise un peu plus lounge que les couloirs du tromé pour un premier baiser.
On s'est dit qu'on se reverrait très bientôt, dès que nos emplois du temps nous le permettraient. J'ai dit que ça dépendait surtout de lui, il a dit que ça dépendait surtout de moi. Sauf que si moi je suis bien placée pour savoir que je veux le revoir, je ne sais pas ce qu'il en est de son côté. Ce serait un peu trop beau qu'un mec qui me séduit autant le soit en retour par moi. Pauvre petite Tanou qui n'a pas confiance en elle. Oui, plaignez moi, c'est pas facile à vivre. Toujours est-il que je me suis planté de direction et qu'après il n'y avait plus de rame. Que j'ai du rentrer à pieds sous la froid glacial et en pantalon blanc. Et que ça ne m'a même pas dérangée.

Et puis sinon, j'ai commencé mon nouveau job. Chargée de veille audiovisuelle. En gros j'écoute et regarde des émissions radios et télés et je retranscris tout. Sauf que si ça a déjà pas l'air simple sur le papier, ça l'est encore moins devant l'écran. Il y a tout un tas de mécanismes à intégrer dans le découpage du bidule, et forcément le premier jour tu es aussi efficace qu'une quiche. Mais ça faisait depuis le stage que je n'avais pas été embauchée pour utiliser mon cerveau.

Sur ce je vais vous laisser mon m'adonner à ma sacro-sainte sieste post-courte-nuit, je vais mettre le réveil quand même. Il ne s'agit pas de rater secret story.

*Je prends de gros risques là. Je joue avec le feu. Je lui ai dit que je tenais un blog, et que j'allais raconter la soirée passée ensemble en rentrant. Il m'a alors dit qu'il me googlerait sur "barm*n en sh*rt" pour voir ce que je pensais de lui.
Donc Chandler, si tu me lis, sois fun, laisse moi un com!

29.6.07 09:44


Lord Have Mercy

Non seulement Chandler ne me calcule plus du tout depuis que je me suis réjouie de la juste défaite de Klarsfeld dans un ordre juste et des électeurs bobo mais justes, mais en sus je viens d'apprendre que le mec à qui j'avais consacré le post précédent a une copine. Une gonz'. Une donzelle. Une petite bellette quoi. Salope. Pardon. Trainée suffira. Non en plus le connaissant ça doit être une fille formidable.
Elles le sont toutes à part moi.
Life sucks and so do I.
Du coup je n'ai même plus envie de raconter comment je me suis ridiculisée auprès d'Y. le soir de son anniversaire sur le Pont des Arts, je me contenterai d'imaginer quel titre cette soirée aurait si on en faisait un épisode de Dawson, et ça donnerait sûrement quelque chose dans le genre de Humiliation à la bougie  ou La honte était sur répondeur. Je vous laisse imaginer ce qu'une fille bourrée peut faire quand elle a envie de son petit susucre. Quand je disais qu'il ne fallait pas que ça devienne une habitude...
Je ne raconterai pas non plus ma soirée de Samedi alors qu'il y a de quoi nourrir toute une famille pendant un an. Sachez juste que quelqu'un que j'avais repéré dès son arrivée dans le pub a déclaré, je cite, "je me noie sur le débardeur bleu." Le temps que je percute que le débardeur bleu c'était moi - j'avais en fait un bustier bleu  ce qui vous en conviendrez n'a rien à voir avec le-dit débardeur - un truc qui s'appelle une bretelle, ça te dit rien ? - je me suis rendue compte que nan en fait, pas moyen. J'ai son numéro mais je ne le rappelerai pas. Un jour je mettrai quand même le scan des autographes amassés par Oua car ça vaut son pesant de cahuètes.
Mais bon ça confirme ma théorie que je ne peux ressentir d'intérêt que quand l'échec refoule à plein nez.
Oui. Comme beaucoup de filles célibataires à 25 ans.
Des catherinettes, on nous appelle.
On nous montre du doigt, on nous jette la pierre Pierre, et on a raison.
C'est de notre faute.
Il doit manquer un truc.
C'est vrai, si j'étais sortie avec Aly ou Eddy ou Etienne ou même Rominou alias la-bite-à-l'air, je ne serais pas seule actuellement. A me morfondre parce que lui a trouvé sa moitié, que lui n'a jamais répondu à mes appels désespérés ou que cet autre ne se préoccupe pas plus de moi que de sa première saucisse-purée.
Voilà.
Tout est là.
Quand on est dans mon cas on ne peut pas être difficile. C'est un peu comme PM qui trouvait qu'elle avait trop de bide quoi. T'avais envie de lui dire "Nan mais t'as pas l'impression que tu ne peux pas trouver mieux ? Que c'est un cadeau du ciel cette nana là ? Qu'avec ta bouche de sangsue tes réflexions réac et ton humour crasseux CTB tu devrais bénir les saints de t'envoyer une fille qui veut de toi ?"
Bah voilà. Depuis le temps que ça ne marche pas avec les mecs j'aurais du comprendre qu'une relation pour laquelle on fait la fine bouche vaudra toujours mieux que pas de relation du tout.
Là dessus les gens mentent. En général ce sont des gens casés qui ont oublié depuis des lustres ce que ça fait d'être seul, et surtout de se demander si ça ne durera pas éternellement. Parce que bon, entendons-nous bien.  Si on me dit "tiens tu vas être célibataire pendant, disons...trois mois, et après tu vis un truc de ouf avec un mec génial", là je dis BANCO. Sauf que là personne ne te dit rien sauf tes amies qui y croient sans doute à mort - si elles ne te pensaient pas unique et digne d'amour elles ne seraient pas tes amies - et toi tu as beau garder le cap, serrer les dents et faire comme si au fond ça te faisait moins mal qu'avant, il y a des soirs où tu as juste envie de crier à l'injustice.
Parce que demain c'est l'été, que tu vas recevoir un nouveau canapé, un 4 à 5 places dans lequel tu aimerais te lover avec ton amoureux, que tu as un entretien, la première fois que c'est pour un job sérieux que tu ne feras pas que pour l'argent, et que ça te manque de ne partager ton stress avec personne, que tu as encore acheté de la nouvelle lingerie qui ne servira qu'à te faire kiffer devant la glace, que tu as un peu mal au dos et que tu ne rechignerais pas à te faire masser, que ton cousin qui fête ses quinze ans aujourd'hui a depuis longtemps une vie sentimentale plus construite que la tienne, et que tu es persuadée que dans un an jour pour jour tu seras dans la même situation.
Il y a des soirs comme ça.
Où sans amertume tu fais le simple constat de ton manque affectif. Celui qui te fait faire n'importe quoi quand tu as un peu bu, qui te fais boire pour justement te permettre le n'importe quoi, qui te fait enlever des boucles d'oreilles avec la langue et laisser des messages de femme en rut sur le répondeur des gens dont tu n'es même pas censée avoir le zéro six, le manque affectif que tu traines comme une tare honteuse, qui fait de toi une handicapée des relations ou une inadaptée sociale.
Parce qu'on a beau dire, ça fait bien longtemps que je ne pense plus que je n'y suis pour rien.

Pour terminer, une petite photo de moi. Oui oui. Mise en abîme. La photographe photographiée. Ah ah. On se marre c'est dingue.

21.6.07 01:38


Vis ma vie de pipole

Bon j'avais commencé un billet d'humeur sur le manque de Tonton, la résurrection de Pierrot, l'édifiante sonnette d'alarme tirée par Schneidermann et la fronde ségoliste contre cette vermine de Pujadas, mais j'ai envie d'un peu de légèreté.

Hier soir, j'ai vécu l'une des soirées les plus baroques de ma vie.

J'avais rendez-vous à 19h sur les Champs. Les dix minutes qui précèdent le moment où le mec arrive, et les dix minutes qui le suivent, je suis toujours dans le mal-être le plus total, à me demander ce que je fais là et pourquoi je m'inflige cette angoisse inutile. Vingt minutes, donc. Où j'ai le masque de la déception sur le visage. Parce que j'ai beau dire, si j'y retourne toujours, ce que j'y crois au fond. J'imagine. Si quelqu'un pouvait me dire ce que je cherche au juste ça m'arrangerait. Mais revenons en aux faits.

Appelons-le Goliath. Pourquoi ? Parce que je suis nulle pour trouver des pseudos sur mon blog. Et qu'il a la carrure du gros Douillet.
Goliath donc, habite non loin des Champs, travaille évidemment dans la finance, et roule en cabriolet. Je précise ceci car ça a son intérêt dans la suite des événements.
Il m'emmène boire un verre au Libre Sens, rue Marbeuf. Très joli endroit bien lounge bien violacé bien dans l'air du temps, très after-work mais à ma surprise positive pas trop branché tout de même - j'ai même vu une serveuse qui faisait au moins du 38. Il commande un Long Island Ice Tea, ce qui me surprend car j'ai toujours pensé qu'il m'était réservé. Très vite la discussion prend une tournure politique, mais pas désagréable, et puis les petites olives sont excellentes. Je commence à me détendre, et a apprécier mon interlocuteur. Pas apprécier au point d'avoir envie de lui arracher la chemise là-maintenant-tout-de-suite, mais apprécier au point de me retenir de m'enfuir en courant jusqu'au 31.
Cinq cocktails -à deux- plutard, nous quittons les lieux non sans avoir pris soin de liquider le stock entier de petites olives. La veille il m'avait dit que si il y avait feeling il m'inviterait au restaurant. Il m'a trouvée très touchante dans ma façon de m'enflammer, genre le mini-chien qui aboie avec une voix de castrat et qui se croit impressionnant alors qu'il est juste mignon tout plein.
Du coup, j'ai droit à mon restau.
Sauf que.
Il appelle un de ses amis pour qu'il nous rejoigne.
Déjà là je me dis "mouais moyen pour un premier rendez-vous le coup du pote qui débarque" mais il m'assure que c'est quelqu'un de génial avec qui je pourrais super bien aboyer pardon débattre. Il me demande la permission, et bien que sur le coup je ne sois pas des masses motivée je la lui accorde sans trop d'atermoiement.
Jean-Marc vient nous prendre en taxi. Ok, super, j'adore le taxi. Je manque de m'étouffer quand j'entends JM indiquer au chauffeur "Place de l'Etoile s'il vous plaît". Genre normal tu prends un tacos pour remonter les Champs Elysées.

Deuxième moment de la soirée où je me demande ce que je fous là.

Arrivée à l'Etoile on entre dans un bar-restaurant aux allures de peepshow dont on ressort immédiatement. Goliath et JM, en plein conciliabule, débattent de l'utilité ou non de prendre un taxi pour retourner au Libre Sens. Moi j'ai juste faim et JM me gonfle avec sa tenue d'avocat, son accent d'avocat et ses paroles d'avocat. Finalement, décision est prise d'aller à L'Aventure, où une terrasse semble nous tendre les bras.
Sur la carte il n'y a aucun prix, j'hésite à prendre du homard pour la deuxième fois de ma vie mais je fais confiance à Goliath et à son cabillaud.

Et là, ça commence. Le grand n'importe quoi.

L'ambiance pue le fric et je décide de m'en amuser. Je raconte à JM que j'ai prêté 4 000€ à Goliath parce qu'il m'a dit la larme à l'oeil qui était au chômage, et qu'il croulait sous les crédits. JM, choqué, balance la fortune de son pote et lui dit qu'il devrait avoir honte d'avoir accepté de l'argent de la part d'une femme. Moi je joue la fille outrée, blessée dans sa chair d'avoir été bernée, et dis même Ah bah tu vois! Trop bon, trop con! tout en continuant à savourer mon plat et à déguster le chablis. N'importe quel être humain normalement pourvu de neurones n'aurait pas mis plus de cinq minutes à sentir que nous le moquions. Mais JM, non. JM est un compétiteur, qui te pousse à aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus con et toujours plus faux.


JM semble réellement indigné que son pote se soit fait passer pour un sans-le-sou. Et vas-y que je te balance les week-end à New-York, les vacances à Val d'Isère, les places réservées à Rolland Garros, le duplex avenue de la Grande Armée et la terrasse avenue de Friedland. Goliath qui a envie d'éclater de rire et moi qui écarquille les yeux du mieux que je peux pour feinter celle qui tombe des nues, j'ai même failli aller jusqu'à lui renverser mon verre sur la tronche, ce qui convenons-en aurait été d'une drôlerie imparable.

Et là, JM nous tend une perche grosse comme mon nez en disant tu es inconsciente de donner de l'argent comme ça, encore si tu étais une riche héritière, je veux bien, mais là, étudiante inscrite au MJS qui habite avenue de Clichy...
Ni une ni deux, Goliath lui indique que justement, je suis une riche héritière. Pendant une demi-heure j'entretiens le mystère sur mes géniteurs, Goliath c'est bon JM t'as pas besoin de savoir qui c'est, dis-toi juste que c'est une des dix plus grosses fortunes de France et JM qui ne marche pas mais gambade allègrement sur la voie de notre mensonge.

JM ne comprend pas comment je peux être socialiste en étant si fortunée, et je ne peux résister à l'envie de me lever brutalement pour lui hurler PARCE QUE TU CROIS QUE CA ME FAIT PLAISIR D'ETRE LA FILLE D'UN MARCHAND D'ARMES? TU CROIS QUE C'EST FACILE A VIVRE? Je vois Goliath qui manque de cracher son vin par les narines tant il contient son fou-rire, moi même je me pince très fort pour ne pas succomber quand JM comprend enfin que je suis la fille de Lagardère.

Très vite je me fonds dans la vie de cette Paris Hilton du pauvre qui refuse de passer sa vie avec les gens de sa caste et va à la fac à Nanterre parce que c'est plus populo - la grosse grosse rebelle quoi. Et qui bien sûr est en conflit avec son père, cet assoiffé de fric vendeur de mort main mise sur les médias et super pote de Sarkozy qui ne s'est jamais occupé de sa fille.
JM galope à présent. Il a des euros dans les yeux. Il ne tarde pas à me demander ce que je compte faire de mes millions, si ça m'intéresserait d'investir. Je lui dis que oui, amis uniquement si c'est pour la bonne cause. Il a l'idée de monter un canard satirique et de faire un max de pub sur mon nom. Genre la fille de Lagardère monte un journal pour lutter contre les atteintes à la liberté de la presse.

Là, première énorme star de la soirée, l'animateur Tex arrive, et lui non plus n'avait visiblement pas bu que de l'eau. Il s'asseoit brièvement à notre table avant de s'en aller se pochtroner à la table d'à côté. Peu importe. Moi aussi maintenant je pourrais dire que j'ai croisé Tex, une fois.

JM est toujours à fond dans le délire, il a déjà dix titres en tête me dit-il, il va me présenter cette fille qui a exactement les mêmes convictions que toi on ira déjeuner ensemble dans la semaine. Bah voyons. On continue comme ça à bâtir des châteaux en Espagne pendant quelques heures, et croyez-moi j'ai rarement eu autant de mal à contenir mon hilarité.

Arrive alors le père Castaldi et ses côtes flottantes, raide mort lui aussi, qui s'en va se la donner à la table de Tex non sans m'avoir au préalable baisée la main. Je vous avez dit qu'il y aurait du lourd.


Troisième moment de la soirée où je me demande ce que je fous là.

Viennent à notre table un autre avocat, Youri le russe qui a une femme une maîtresse officielle et deux maîtresses occasionnelles et me demande où il doit sortir pour rencontrer des filles, et Tibo le lifté qui a filé son portable à Laurence Treil assise non loin de là. Parterre de stars je vous dis.

Il est déjà 3h du matin et Phillipe Lavil vient de faire son apparition. Nan mais Festival de Cannes quoi.

Je commence à être fatiguée, l'ambiance clinquante avec ces vieux porcs qui mettent des mains au cul de leurs copines et les tripotent devant tout le monde, ces femmes aux traits figés par le botox qui ne parlent pas ne sourient pas sont juste là à regarder dans le vide et se faire pincer les fesses, ces whisky-coca à 35€, ces gens laids qui ne parlent que de cash et de business et s'escriment à se refiler l'addition comme une patate chaude, et moi, la fille de Lagardère, assise sur quinze millions d'euros qui s'encanaille en allant vivre avenue de Clichy, tout ça me semble irréel, surfait, artificiel à outrance.
Alors que ce sont des êtres humains que j'ai autour de moi.
Qu'est-ce qu'ils doivent s'ennuyer, au fond.
J'en viens à me féliciter de n'être que la fille de mon père.

Avant que ne je parte JM me demande mon numéro, je lui écrit sur un coin de nappe dans un dernier sourire contenu tania.lagardere@hotmail.com.
Et il le note dans son portable.

Je ne sais pas si je reverrais Goliath, c'était très sympa le temps d'une soirée et je n'avais jamais fait de jeu de rôle mais ça risque de ne pas être suffisant pour allumer quelconque étincelle.
Et je lui laisse le soin d'expliquer à son grand ami JM de quelle rocancourade il a été victime ce soir là.


13.6.07 14:12


deux choses

Juste une petite vidéo, comme ça, en passant.Parce qu'on ne risque pas de la voir à la télévision sarkozienne.
Admirez l'élégance de Notre Président de la République lors de sa première conférence de presse au G8 de Rodstock. Tout en classe et en distinction. Du Eltsine dans le geste. Mais chut. Je vous laisse savourer.
http://www.dailymotion.com/video/x27pao_sarkozy-drunk

Et puis, un faire-part. J'ai la tristesse d'annoncer la seconde mort de François Mitterrand. http://francoismitterrand2007.hautetfort.com/ ferme ses portes, parce qu'un petit malin a cru judicieux de se faire de la pub en levant le voile sur le mystère entourant le réel auteur de ces écrits.
Pour ce qui n'ont pas eu la chance de le connaitre, ce blog donnait voix à un Mitterrand d'outre-tombe venu éclairer de sa sagesse et de son expérience la vie politique actuelle. La finesse de l'esprit et de l'écriture, le lot quotidien d'anecdotes inspirées et aux accents de vérité, la charge omniprésente contre la dépendance des médias au pouvoir, le mysticisme du concept, tout cela va énormément me manquer.
Un blog nécessaire.
Quoi qu'il en soit, bravo et merci à son auteur. Qu'il n'hésite pas à revenir, nous aussi, nous croyons aux forces de l'esprit.

10.6.07 14:43


J'en rêvais, Khadi l'a fait

En préambule, je rappelle aux socialistes/verts/pc qui me lisent d'aller voter aujourd'hui. Les autres peuvent se faire un thé et se délecter de mes écrits. Ou mater la semaine des Guignols et après faire un cendrier en pâte à sel. Ou commencer le grand nettoyage de printemps avec une saison de retard. Ou compter le nombre de carreaux qu'il y a dans leur salle de bain. N'importe quoi pourvu qu'ils restent chez eux.

Samedi 23 Mai, au petit matin. Soit treize heures trente approximativement. Je me lève pleine de la culpabilité de celle qui a déjà trop traîné au lit. Je sais que la journée sera courte et que l'entreprise est vaste. Il me faut ranger la baraque, faire un buffet pour trente-cinq personnes, aller me faire épiler, voir Bledinou, faire les courses, aller à un rendez-vous hypothétiquement galant, et me faire les ongles.
C'est donc très logiquement et face à l'urgence de ces impératifs que je me mets en tête d'installer le wifi.
...
.......
.
Quatre heures et douze coups de fil à cinq hotlines différentes, je renonce à installer le wifi.

Bien qu'étant de toute évidence une geek accomplie, je n'en demeure pas moins une vraie femme Barbara Gould, abonnée à Body Minute de surcroît. Je vais donc me faire épiler et l'esthéticienne oublie de me faire une partie de la jambe droite. Elle me laisse la gambette coiffée à l'iroquoise et repart toute fière de sa prestation. Bien sûr, j'ai exigé réparation.

Je rejoins alors Bledinou qui me paraît bien stressée pour un samedi après-midi. Comme elle est venue en carrosse je lui demande de passer chez mummy pour récupérer les cadeaux de la veille, et de m'emmener au supermarché. On dépose chips et bouteilles chez moi, j'ai envie de prendre le temps de me faire une beauté mais Bled insiste pour qu'on sorte le plus vite possible, toute pressée qu'elle est de se poser à la terrasse d'un café à boire du rosé. Ce qui fut rapidement chose faite. Je décale mon blind date d'une demi-heure. Puis d'une nouvelle demi-heure. Mais Tom, mon rendez-vous, arrive avec un quart d'heure d'avance. Il est sappé comme un prince et je suis flattée par sa cravate. Je fais les présentations, et apprends très vite qu'il a voté Sarko, aux deux tours de surcroît. Ce qui, entendons-nous bien, n'est pas éliminatoire mais fortement dissuasif.

Bledinou nous abandonne pour voguer vers d'autres océans, et Tom et moi partageons le même appétit. Ce qui nous mène tout droit à l'Indiana. Grave erreur de ma part. Ne PAS aller manger à l'Indiana de la place de Clichy. Ni au Bistrot romain d'ailleurs. On commande des hamburgers qui nous sont très – trop? - rapidement servis, froids et secs comme des yeux ayant trop pleuré. Tom m'encourage à demander à ce qu'on me réchauffe le plat. Après tout j'ai bien exigé qu'on m'épile la totalité de la jambe droite, je suis une grosse dissidente, je peux bien envoyer mon assiette brûler dans les flammes du micro-onde. Vu qu'on a commandé du rouge je commence à être bien contente d'être là.

J'ai alors un geste inhabituel – je regarde mon portable. Et je consulte mon répondeur. Il faut quand même savoir que je ne réponds quasiment jamais au téléphone quand je ne suis pas seule. Je ne supporte pas. Cela provoque en moi un double malaise. J'ai horreur de parler devant quelqu'un. Et je n'ai toujours pas trouvé l'intonation qui fera passer « tu me déranges je suis occupée » pour quelque chose d'agréable. C'est comme dans le métro, quand tu veux sortir et que le troupeau t'en empêche, j'essaie toujours de dire « pardon » de la façon la plus douce et câline possible. Les gens qui gueulent comme s'ils étaient Nicolas Sarkozy et qu'il fallait bloquer la route pour les laisser passer me rendent dingue. Bon toujours est-il que je ne réponds que rarement au téléphone quand je suis avec quelqu'un, et jamais quand je suis au restaurant. Comble s'il en est de l'incorrection.

Mais ce jour là, l'épilation, l'assiette froide, je me sens l'âme d'une outrecuidante.
Et je consulte mon répondeur.

Sept appels en absence, un message du mec du syndic de l'immeuble qui me signale qu'il y a un énième dégât des eaux chez moi et qu'il faut que je rapplique dare-dare.
Blasée par le caractère fleuve de mes problèmes de plomberie, je rappelle l'homme et lui dis que je serai là dans deux heures maximum. Il m'encourage à faire le plus vite possible, les pompiers vont débarquer et défoncer ma porte si je ne la leur ouvre pas.
Mon assiette revient sur la table, la mozzarella n'est toujours pas fondue.

Je rappelle le syndic et lui signale que les fenêtres sont grandes ouvertes et prêtes à accueillir les pompiers, et que s'ils pouvaient éviter de me fracasser la boisure...
Il me répond que ça n'est pas de son ressort.

Tom semble abasourdi par la situation, j'hésite à écourter le rendez-vous et à courir seule chez moi. J'ai moins de doute quand il s'agit de terminer la bouteille à vitesse grand V, et comme j'ai des talons de dix centimètres et que je suis officiellement saoule, je l'enjoins à m'accompagner – me tenir par le bras – m'empêcher de me fracasser la tronche dans le métro –m'aider à rester une femme Barbara Gould.

Arrivée devant l'immeuble après une course effrénée dans les couloirs de la 13 je suis surprise de ne voir ni camion ni pouet-pouet. Un ultime appel du syndic m'indique que les pompiers sont pourtant devant ma porte.
Là, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond.
Je colle mon oreille à la porte, et crois distinguer quelques chuchotements.
J'ouvre, j'aperçois une silhouette longiligne dans le contre-jour, la lumière s'allume et je vois tous mes amis qui me crient la plus belle SURPRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISE de l'histoire des anniversaires.
Je manque de mourir de joie.
Au milieu de la pièce trône mon cadeau, une superbe table basse laqué blanc avec les pouffes que tu mets en dessous; mes amies ont préparé un saladier de guacamole, des petites saucisses, deux énormes salades de pâtes et de riz; à peine débarquée on me met dans les mains un joint et un verre de mojito-maison; je suis déjà complètement cuîte et ne manque pas d'en informer mes convives entre deux cris d'hystérie jubilatoire; il y a même Kriss que je n'ai pas vue depuis qu'elle a accouché il y a déjà trois belles années.

Très vite je délaisse Tom qui ne connaît donc personne et passera la majeure partie de la soirée à faire le majordome, en costard cravate coincé dans l'encadrement de la porte, et à qui je servirais des verres surdosés en alcool pour qu'il « se détende un peu ».
Par la suite j'ai appris qu'il était ravi de « faire le rabatteur » mais qu'il ne s'attendait pas à voir autant de monde « dans un si petit appart ». Eh ouais mec que veux-tu c'est ça d'avoir des potes. Et mon appart n'est pas petit, il est proportionnel à ma morphologie. Et face à une église. Je suis obligée d'en parler parce que je vous écris sur les rythmes endiablés de la messe dominicale -j'avais écrit masse, c'est rigolo.

Que dire d'autre de la soirée dont je me souvienne et qu'on ne m'a pas raconté ?
Eddy est arrivé tard avec une bouteille de Moët champagne rosé, il voulait que je la conserve pour l'apprécier plus tard, j'ai insisté pour l'ouvrir et m'en suis renversée le tiers dessus.
En fait ça aussi on me l'a raconté.
Bon il y avait tous mes amis, j'étais sur un petit nuage, l'impression d'être unique, aimée et entourée des plus belles personnes au monde. Plus j'en apprenais sur les préparatifs plus qu'avais envie de me tatouer le prénom de Khad sur le sein. Cette petite fée qui avait subtilisé le double de mes clés trois mois auparavant, qui avait savamment brouillé les pistes pour que je n'ai aucun soupçon, avait mailé et appelé chacun un par un, avait pris en main le choix et la livraison du cadeau – et une bonne partie de son financement j'imagine... - avait fait des courses pour quarante et de la bouffe pour cent, avait distribué les rôles et mené toute cette affaire d'une main de maître. Bien épaulée dans sa tâche par les lutins du bonheur.
Oua la chef en tête, qui avait passé les dernières 48h à tout mettre en place, Bled qui avait parfaitement réussi à m'attirer hors de chez moi mais pas trop loin non plus, Adnan tellement crédible en responsable du syndic dont ce n'est pas le ressort, Tom le rabatteur incrédule, et tous les autres qui de part leur discrétion ont contribué à faire de cet anniversaire l'un des plus émouvants et joyeux moments de ma vie.

Les gens sont partis, petit à petit.
Mais je ne suis pas restée seule. Un noyau d'irréductibles s'est chargé de faire durer la fiesta jusqu'au petit matin, il paraît même que P.R est tombé sur la table basse en dansant un rock acrobatique.
Et je me suis réveillée dans les bras de Y. Faudrait veiller à ce que ça ne devienne pas une habitude, on y prend vite goût, à ces choses là. C'est drôle quand même. Après le nouvel an, il était là. Après mon anniversaire, c'est encore lui qui me fait des câlins et des blagues sous la couette une bonne partie de la journée, de telle sorte que je ne réalise pas trop vite que c'est encore une nouvelle année que j'aborde sous la bannière du célibat. Y. toujours là au bon moment. Y. le verre d'eau qui fait avaler la pilule.

Une semaine après j'apprenais que j'avais aussi embrassé Aly, qui du coup voulait savoir où nous en étions et ce que ce baiser représentait pour moi.
Deux semaines après j'apprenais que j'avais aussi embrassé cet autre garçon, qui ne m'attire pas plus qu'Aly en temps normal.
Je n'imagine même pas ce que je j'aurai appris d'ici deux mois.

Mais quel anniversaire....

Le lendemain après le départ de Y., Crocket mon ex, qui m'avait donc fait faux bond la veille, s'est rattrapé en venant avec du champagne. Je lui ai mis une raclée à la Wii et nous avons philosophé vaillamment entre deux trois bulles de longues heures durant. Il me donnait le tournis à faire les cent pas comme ça alors que j'étais assise quasiment à même le sol.

Il me donnait surtout le tournis à ne pas m'embrasser alors que j'en crevais d'envie.
Crocket c'est un peu mon idéal masculin physiquement parlant, et sans doute celui avec qui je formais le couple le plus assorti – le seul à côté de qui je paraîs mince, c'est dire. Crocket c'est surtout celui qui m'a quittée pour la raison la moins valable qui soit et dont j'attends toujours qu'il se rende compte qu'il a fait une belle connerie.
Parce que ça ne peut qu'être une belle connerie.
N'est-ce pas.
Comme ne pas vouloir sortir avec moi.
Ils ont de ces idées les mecs j'vous jure.
Toujours est-il qu'aussi frustrant que ce soit de le voir sans le toucher, fixer sa divine bouche sans pouvoir l'embrasser – et fixer la bouche de quelqu'un qui parle en faisant les cent pas c'est sportif moi j'vous l'dis – ça reste quand même très valorisant pour la personne que je suis de voir qu'il tient à moi, qu'il est juste là pour être là et pas pour en tirer quelque avantage, que je me ferais par ailleurs un plaisir évident de lui accorder.

Bon ça fait trois pages sous word là quand même faudrait peut-être songer à mettre les voiles. Mais pas avant de vous avoir conseillé de ne pas manquer -ou de regarder sur dailymotion- les épisodes de Off-prime, la sitcom française la plus hilarante et inventive qui soit. Vraiment, excellente.

10.6.07 12:34


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